Publié le 23 juin 2016

L’haptonomie, du réconfort par le toucher

L’haptonomie se décrit elle-même comme une « science de l’affectivité » : par le toucher, elle instaure un échange affectif rassurant et bénéfique entre thérapeute et patient. Adaptée à tous les domaines du soin et de la santé, l’approche thérapeutique de l’haptonomie valorise le contact, la relation... ce qu’il y a de plus humain en nous : l’haptonomie est une approche de choix pour le jardin thérapeutique.

Comme nous l’avons abordé, le toucher est le sens de l’affectivité [lien], de l’amour, celui qui rassure. Il est celui par lequel passe notre besoin très humain de contact, il est notre sens social par excellence. La pratique de l’haptonomie dans la relation entre thérapeute et patient est basée sur cette expérience unique que l’on ressent au toucher,

« s’ouvrir comme [on] est, sentir qu’[on] est précieu[x], « confirmé » affectivement.»1

comme nous l’explique un article passionnant, L’haptonomie ou la science de l’affectivité » dans Hop, le magazine d’information de la MNH, n°192 Mai 2016. 

L’haptonomie, pour qui ?

On connait l’haptonomie surtout pour ses applications prénatales, lorsqu’en préparation à l’accouchement, les futurs parents partent à la rencontre de leur enfant. L’haptonomie permet un premier contact in-utero avec le fœtus, et tissent les liens d’un premier et bel échange affectif avec l’enfant. Le toucher est la première rencontre avec le petit d’homme, l’enfant est « confirmé » affectivement. L’haptonomie est alors une excellente approche pour aider à réaliser que l’on va bientôt être maman ou papa. Elle aide le bébé à bien se positionner, pour soulager les douleurs de la maman, et prépare l’accouchement, où l’enfant pourra être guidé tout en douceur.

Pour les personnes résidentes des EHPAD comme pour les enfants autistes, le toucher de l’haptonomie, permet de retrouver cette sensation unique d’être bien présent dans le monde, et surtout, d’être bien en vie. Par les techniques d’haptonomie, le personnel soignant peut instaurer une relation de collaboration, de réciprocité, autour des gestes du quotidien, des soins, ou encore des activités. Sentir un soutien, c’est aussi essentiel pour les personnes en fin de vie, pour qui l’haptonomie représente un guide, un vrai rappel de son existence : la vie est encore là.

L’haptonomie au jardin thérapeutique

Propice au tissage des relations de soignant à patient, entre les patients, entre les patients et les membres de leur famille..., le jardin thérapeutique est un beau terrain d’application pour l’haptonomie : autour des belles relations se créent les beaux jardins... et dans les beaux jardins se créent les belles relations !

Au sein de l’institution médicale, le cadre neutre, naturel et non-médicalisé du jardin thérapeutique rassure et ramène au plus près de notre humanité. D’humain à humain, les relations sont sincères et authentiques, et la pratique de l’haptonomie peut s’y épanouir.

Dans la relation d’aide et de collaboration autour d’un atelier, dans la plantation ou dans la cueillette, le contact a une place majeure dont la qualité doit être valorisée. Parfois, face à la souffrance physique ou psychique, les paroles peuvent être maladroites, et souvent, le silence est d’or. Le toucher intervient alors comme un contact authentique, sincère, plein de simplicité qui fait du bien. Lorsque l’on sait toute la tendresse, la douceur ou le soutien que l’on peut transmettre, guider une main est un geste simple qui peut profiter de tout le savoir-faire de l’haptonomie.

L’haptonomie, par qui ?

Pour tous, l’haptonomie peut également être pratiquée par tous les professionnels de santé, pour accompagner leur champ thérapeutique au quotidien. L’approche étant dans l’engagement affectif réel, nécessitant une qualité de présence, une capacité de discerner ce qui est propre et ce qui convient à chacun, les praticiens doivent être formés, avec beaucoup de sérieux. Approche relationnelle et humaine, l’éthique et la déontologie prennent un poids considérable de la formation.

Rencontre sécurisante, relation épanouissante et encourageante... l’haptonomie s’applique aussi en milieu scolaire ! Professeurs et professionnels d’éducation peuvent enrichir leur pratique pédagogique par l’haptonomie.

Et si l’on voyait fleurir l’haptonomie dans les jardins ? Collaboration, soutien, assurance et confiance, l’haptonomie a beaucoup à partager avec le personnel soignant des jardins thérapeutiques.

 [réf. Julie Planckaert dans l’article ‘L’haptonomie ou la science de l’affectivité » du magazine Hop, le magazine d’information de la MNH, n°192 Mai 2016],

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Publié le 02 juin 2016

Témoignage de Sonia, infirmière cadre

Retrouvez le témoignage de Sonia, soignante en EHPAD dans l'Aveyron. 

« Notre Ehpad est situé en zone rurale, au cœur de la vallée du Lot en Aveyron. C’est magnifique.

J’y suis infirmière cadre. J’aime mon métier, les personnes âgées qui font mon quotidien mais aussi toute l’équipe de professionnels qui fait de son mieux pour que les résidents se sentent bien ici.

C’est dans ce cadre que le jardin s’inscrit. Nous accueillons de nombreuses personnes qui dans leur vie active ont été agriculteurs. Le lien à la terre est d’autant plus important pour eux. Quand les animatrices amènent les résidents dans le jardin, ce sont ces personnes qui racontent comment jardiner ou quelle période est idéale pour telle ou telle plantation. Des tables de culture surélevées sont utilisées et on y cultive fraises, tomates et cornichons.

Ce que je constate c’est que nos ainés ne sont pas les mêmes personnes quand ils sont dans le jardin. C’est la magie de la nature, avec la chaleur du soleil, les couleurs des fleurs. Je ressens qu’ils se sentent plus en liberté dans cet espace, plus eux-mêmes.

Et quand les moutons sont dans le champ d’à côté, nos ainés sont nombreux à s’en rapprocher. Ca crée une sacrée animation ! Et bientôt un poulailler va être installé, on a hâte !

Inutile de vous préciser que, moi, je suis convaincue par le jardin !! »

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Ils témoignent...

CLAUDINE, 32 ans, infirmière Diplômée d’Etat, travaille en unité de vie Alzheimer au sein d’un EHPAD

« J’ai été surprise de l’impact que le jardin a eu sur la qualité de sommeil de Louise. Cette mamie de 78 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer avait des difficultés à s’endormir et à dormir toute la nuit. Dès qu’elle a commencé à sortir au jardin, elle a posé moins de problème pour se coucher le soir et a commencé à avoir un meilleur cycle de sommeil. On a donc réduit la prise de médicaments. »

MATHILDE, animatrice en PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés)

« Nous avons un monsieur qui est sujet à de régulières crises d’angoisse. Il peut même devenir violent. Il a compris qu’aller au jardin thérapeutique du PASA lui permettait de se calmer. Chaque fois qu’il sent l’angoisse monter, il sort et marche et marche encore. Il revient à l’intérieur, sa crise est passée. »

Jean-Claude, 58 ans

« Vous savez, quand on est touché par un cancer, on doit être fort mentalement pour accepter les protocoles, les effets secondaires, la fatigue… Moi, chaque fois que j’avais une séance de chimio, je m’arrangeais pour arriver à l’hôpital 30 mn avant. Ca me permettait de passer une demi-heure dans le jardin thérapeutique du CHU. Je me sentais relié à la nature, à la vie. Ca m’aidait à faire le plein d’énergie et à faire face. Je crois vraiment que ça m’a bien aidé à trouver la force de me soigner.  »