Publié le 04 juillet 2017

La médiation animale

Depuis déjà quelques années, on voit apparaître la médiation animale comme complément aux soins thérapeutiques auprès des personnes âgées, personnes handicapées ou autistes… Attendrissants, sincères, authentiques, les animaux savent faire du bien aux personnes en situation de fragilité.

Un lien privilégié

Hospitalisé en unité d’hébergement renforcée – UHR- adaptée aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, Pierre sourit lorsqu’il voit sa chienne Java, il lui parle et la câline, il la réclame lorsqu’elle n’est pas là… Sans Java, Pierre ne parle presque plus ni au personnel soignant, ni à ses proches, qui témoignent de tout le bien que peut lui faire son Jack Russel.

Plus qu’un simple jeu, Pierre a établi un lien privilégié avec son animal. Et plus qu’une simple cohabitation, nous établissons tous un lien de partage et d’échange avec les animaux, qu’ils soient domestiques ou non, que nous soyons en situation de fragilité ou non.

Caresser un chat, jouer avec son chien, prendre soin de ses poules ou perdre son regard parmi les vaches d’un près, nous avons tous, un jour ou l’autre, ressenti du plaisir à leur contact. Nous échangeons, nous partageons, nous touchons… comme avec Pierre, les animaux savent nous éveiller, nous maintenir en vie.

C’est sur ce principe que se base la médiation familiale, celui d’un lien unique qui a toujours existé entre l’homme et l’animal.

Soigner pour se soigner

Par le jeu, les caresses ou les soins, un partage s’installe, un échange se construit, en toute authenticité et sans jugement. Les animaux savent nous attendrir, nous émouvoir : ce qu’ils provoquent en nous est un réconfort.

En médiation animale, l’animal intervient comme un tiers, entre le thérapeute et le patient. Il peut aussi intervenir dans le cadre familial. Dans les deux cas, il est un facilitateur, qui permet de guider le patient vers lui-même, là où parfois le thérapeute ne peut pas aller.

Si les chiens sont souvent utilisés pour la médiation avec des personnes âgées, les chevaux et les poneys sont également les compagnons des personnes handicapées comme des enfants autistes. En zone rurale, les animaux de la ferme font d’excellents médiateurs, et en pédiatrie, les lapins ou les cochons d’Inde ravissent les enfants.

Quels qu’ils soient, tous ces animaux ont en commun d’appeler aux caresses, aux jeux, et surtout aux soins : tout naturellement, ils amènent peu à peu les personnes en situation de fragilité à avoir un geste de soin envers eux.

En médiation animale, un chat, un chien sont un réconfort aussi dans le soin qu’on peut leur apporter : soigner quelqu’un fait du bien, donne un but, comme une raison d’être.

Le mieux-être qui se communique

Sans Java, Pierre se referme sur lui-même : Java sait le faire communiquer. Dans le cadre d’une hospitalisation, les animaux ont la faculté d’apporter beaucoup de vie, comme un lien vers le monde « extérieur ».

Et le plaisir, ça se partage : les résidents de l’unité de Pierre sont toujours ravis de la voir arriver, et Java se fait un plaisir de passer de bras en bras, de caresses en caresses. C’est l’occasion pour tous de raconter qu’ils avaient eux-mêmes un chien, ou un « canou » comme ils disent en patois, son nom, les marches et les jeux qu’ils faisaient ensemble… leur mémoire est stimulée, les bons souvenirs et les émotions reviennent avec Java.

Et si l’on sortait chasser les lézards ? Java emmène aussi les résidents au jardin, pour un peu d’activité physique. Au programme, jeux de balle et chasse aux bestioles dans les massifs. La bonne humeur et les éclats de rire viennent compléter le plaisir d’une activité en plein air.

Le contact avec un animal peut être un soin non médicamenteux à part entière, ou intervenir pour compléter différentes pratiques de soin. Pour Terramie, la médiation animale a sa place au jardin thérapeutique, parmi ces choses de la nature qui nous font du bien, tout naturellement.

Merci à Nicole pour son témoignage, à Pierre, son mari, et à Java, leur chienne âgée de 3 ans. 

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Publié le 10 juillet 2017

Zoom sur la dernière formation Terramie

Les 3 et 4 juillet, nos conseillers Gaëlle Six et Christian Garcin et notre directrice générale Nathalie Joulié-Morand se sont retrouvés à Paris pour une formation sur la formation à l’usage du jardin thérapeutique. Retour sur deux jours d’échanges, de sérieux, mais aussi de bonne humeur !

Comment aider, comment participer sans trop intervenir, quels ateliers peuvent-il être mis en place, comment faire vivre un jardin sur les quatre saisons ? Le jardin thérapeutique apporte de nombreuses questions dans sa pratique au quotidien comme dans la créativité qu’il suscite, et c’est là toute sa richesse.

Pour exploiter au mieux tous les bienfaits du jardin, l’accompagnement Terramie consiste aussi en la formation du personnel soignant à l’usage de l’outil Jardin thérapeutique. Terramie accompagne le soignant au jardin, avec les résidents ou avec les personnes fragilisées, au quotidien et au cœur de son emploi.

Le conseiller Terramie doit alors savoir être un bon formateur ! Nathalie Joulié-Morand a rappelé les principes de la formation du personnel soignant à l’usage de l’outil Jardin thérapeutique, sur deux journées. Gaëlle Six, conseillère à Lyon, et Christian Garcin, conseiller pour la Bretagne en ont profité, avec curiosité et motivation, malgré une chaleur caniculaire.

«  l’échange fut vivant et constructif », nous rapportent Christian et Gaëlle « c'est une vraie plus-value, permettant d'aller au-delà de la pure formation, en passant par le transfert d'expériences, pour arriver sur la compréhension de ce que doit être la transmission du savoir et/ou des compétences ».  

C’est aussi l’occasion de retrouvailles entre franchisés, très conviviales, autour d’un échange et d’un partage plus global. Vivement la prochaine formation ! 

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Ils témoignent...

CLAUDINE, 32 ans, infirmière Diplômée d’Etat, travaille en unité de vie Alzheimer au sein d’un EHPAD

« J’ai été surprise de l’impact que le jardin a eu sur la qualité de sommeil de Louise. Cette mamie de 78 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer avait des difficultés à s’endormir et à dormir toute la nuit. Dès qu’elle a commencé à sortir au jardin, elle a posé moins de problème pour se coucher le soir et a commencé à avoir un meilleur cycle de sommeil. On a donc réduit la prise de médicaments. »

MATHILDE, animatrice en PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés)

« Nous avons un monsieur qui est sujet à de régulières crises d’angoisse. Il peut même devenir violent. Il a compris qu’aller au jardin thérapeutique du PASA lui permettait de se calmer. Chaque fois qu’il sent l’angoisse monter, il sort et marche et marche encore. Il revient à l’intérieur, sa crise est passée. »

Jean-Claude, 58 ans

« Vous savez, quand on est touché par un cancer, on doit être fort mentalement pour accepter les protocoles, les effets secondaires, la fatigue… Moi, chaque fois que j’avais une séance de chimio, je m’arrangeais pour arriver à l’hôpital 30 mn avant. Ca me permettait de passer une demi-heure dans le jardin thérapeutique du CHU. Je me sentais relié à la nature, à la vie. Ca m’aidait à faire le plein d’énergie et à faire face. Je crois vraiment que ça m’a bien aidé à trouver la force de me soigner.  »