Publié le 02 septembre 2016

Le figuier

Le parfum du figuier par les chaudes journées du mois d’août est un pur délice, et le bon goût de la figue pourrait à lui seul consoler de la fin de l’été...

Le figuier au soleil

Le figuier est une espèce assez courante en France, et typique dans un paysage méditerranéen. Il en existe environ 750 variétés. Rocaille, soleil et chaleur sont les clés de sa réussite. Il n’aime pas vraiment le vent et les frimas de l’hiver, et se protège souvent auprès d’un mur qui l’abrite et le tient bien au chaud.

Il peut pousser tout seul, mais se laisse planter dans les jardins bien exposés. Une fois planté, il ne nécessite que très peu d’entretien, surtout si la situation lui convient. Il vit de soleil et d’eau de pluie. Il peut grandir de 3 à 10 mètres. 

Comme souvent, une taille raisonnable favorise la production des fruits. Elle doit être réalisée en début de printemps. Une fois que l’arbre ne produit plus, juste avant l’hiver, de septembre à décembre environ, on peut nettoyer les pousses ayant déjà produit des fruits. Ces recommandations sont un petit plus, mais on voit souvent les figuiers sauvages fructifier à foison !

Sous les feuilles bien dessinées grossissent les fruits, qui murissent entre juillet et début septembre, selon l’endroit et selon les conditions. La figue est juteuse, parfumée, pleine de saveurs et de textures, pour le grand plaisir des gourmets, à savourer tout juste cueillie, fraîche, à l’ombre de l’arbre, ou à décliner en cuisine.

La figue comme remède

Les bienfaits de la figue sont nombreux. Riche en fibres, la figue est connue pour ses vertus digestives. Pleine de minéraux, elle participe à une bonne hydratation, et ses nombreux antioxydants et caroténoïdes en font un fruit délicieux pour la peau, surtout en été ! Elle purifie le corps de ses toxines, et a une vertu antivirale.

En médecine populaire, on l’utilise pour soigner les verrues : une fois cueillie, la goute de sève blanche qui coule au bout de sa tige doit être appliquée sur la verrue, plusieurs fois si nécessaire. Elle serait également un excellent stimulant pour la production du lait maternel, en cas de fatigue, ou d’anémie dues à l’accouchement.

Au jardin à visée thérapeutique, il participe à une stimulation des sens et de la réminiscence : son odeur, son goût, la texture douce de ses feuilles... ils participent aux souvenirs de beaux étés. Les conseillers Terramie apprécient de planter un figuier au sein des jardins qu’ils créent. Ils savent que cet arbre et ses fruits seront sources de menus plaisirs sensoriels pour les personnes handicapées, pour les personnes âgées… De plus, la cueillette des figues est un exercice physique qui stimule les capacités motrices.

Et côté pratique, la figue sait passer du jardin thérapeutique à l’atelier cuisine...

La figue en cuisine

Rouge, blanche, noir, violette, petite ou grosse, acidulée ou sucrée... la très grande variété de figue offre d’infinies possibilités gustatives.

Les figues blanches sont délicieuse fraîches, et se suffisent à elle-même, comme les figues à peau épaisse qui se transportent plus facilement et sont idéales à croquer telles quelles. 

Les figues à chair rouge vif ont un goût suffisamment puissant pour révéler la charcuterie. Natures, pochées ou poêlées au vinaigre de xérès, elles apportent du caractère à un plat, notamment en jouant sur les associations sucrées-salées, avec les viandes au goût puissant. Fraîches, confites ou simplement cuites, elles jouent les grands classiques avec un bon foie gras de canard. Dans les tajines, elles remplacent ou côtoient les abricots. Elles dévoilent aussi toutes les saveurs d’un bon fromage de chèvre ou de brebis.

Côté sucré, la figue est parfaite en confiture, avec un zeste de citron et un peu de vanille, poêlée au miel, en tarte, en clafoutis, en cake...

Pensez à congeler vos figues fraîches et lavées pour les cuisiner pendant tout l’hiver. De quoi remonter le moral pour la rentrée... heureusement que le jardin est là ! 

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Publié le 22 septembre 2016

Alzheimer : l’importance du lien intergénérationnel

Depuis plus d’un an, l’unité Alzheimer de l’EHPAD La Charmille de St-Quirin et l’institut thérapeutique éducatif et psychologique –ITEP- de Lettenbach expérimentent une collaboration riche en bienfaits : adolescents et malades atteints d’Alzheimer interagissent ensemble au sein du jardin thérapeutique. Tandis que les liens se tissent, les souvenirs refont surface et la confiance renaît.

Depuis 2015, le jardin thérapeutique de l’EHPAD La Charmille ravit les résidents, leur apporte d’agréables moments tout en stimulant les sens et la mémoire. Tous les mardis, les jeunes en difficultés de l’ITEP de Littenbach peuvent aussi profiter des bienfaits du jardinage.

Le savoir-faire et les astuces des résidents de l’EHPAD s’accordent avec harmonie à la spontanéité et à la curiosité des jeunes. Autour de la création d’un jardin potager, de la fabrication de mangeoires pour les oiseaux, ou de décoration du jardin, le lien se crée entre les générations, pour le bien être de chacun.

Préalablement formés à la maladie d’Alzheimer, les jeunes ont pu aller vers les résidents, leur proposer des activités, leur demander de l’aide. Ainsi, les réticences sont levées de chaque côté, et chacun peut se sentir utile et socialement valorisé.

«  Les jeunes que nous accompagnons manquent cruellement de confiance en eux. Avec les résidents de l’EHPAD, ils ne se sentent pas jugés mais au contraire utiles et valorisés par leur travail » Philippe Leroy, Directeur adjoint en charge de l’ITEP.

Depuis que les adolescents jardinent avec les résidents, les soignants de l’EHPAD ont remarqué que pour ces derniers, les souvenirs se faisaient plus nombreux, que la concentration se renforçait lors des rencontres.

Les bienfaits du jardin thérapeutique comme du lien entre les générations se révèlent aussi dans le plaisir tout simple de se retrouver dans un bel environnement, calme et paisible. Chacun s’y sent bien avec soi comme avec les autres :

« Les jeunes s’y sentent tellement bien qu’ils ont récemment demander à déjeuner avec les résidents, une fois par mois » déclare Philippe Leroy.

Ces repas sont eux même un moment précieux, où tout le monde discute et mange avec appétit... Source de bien-être, le jardin thérapeutique est aussi une source d’inspiration, il sait faire naître de belles idées, et les nouveaux projets arrivent à grands pas ! 

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Ils témoignent...

CLAUDINE, 32 ans, infirmière Diplômée d’Etat, travaille en unité de vie Alzheimer au sein d’un EHPAD

« J’ai été surprise de l’impact que le jardin a eu sur la qualité de sommeil de Louise. Cette mamie de 78 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer avait des difficultés à s’endormir et à dormir toute la nuit. Dès qu’elle a commencé à sortir au jardin, elle a posé moins de problème pour se coucher le soir et a commencé à avoir un meilleur cycle de sommeil. On a donc réduit la prise de médicaments. »

MATHILDE, animatrice en PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés)

« Nous avons un monsieur qui est sujet à de régulières crises d’angoisse. Il peut même devenir violent. Il a compris qu’aller au jardin thérapeutique du PASA lui permettait de se calmer. Chaque fois qu’il sent l’angoisse monter, il sort et marche et marche encore. Il revient à l’intérieur, sa crise est passée. »

Jean-Claude, 58 ans

« Vous savez, quand on est touché par un cancer, on doit être fort mentalement pour accepter les protocoles, les effets secondaires, la fatigue… Moi, chaque fois que j’avais une séance de chimio, je m’arrangeais pour arriver à l’hôpital 30 mn avant. Ca me permettait de passer une demi-heure dans le jardin thérapeutique du CHU. Je me sentais relié à la nature, à la vie. Ca m’aidait à faire le plein d’énergie et à faire face. Je crois vraiment que ça m’a bien aidé à trouver la force de me soigner.  »