Publié le 10 mai 2017

Les saints de glace  

Les rayons du soleil se font plus vifs, l’air est plus doux… les signes annonceurs des beaux jours sont là, et au jardin, il est tentant de commencer ses plantations. Attention, tout jardinier averti prendra la précaution d’attendre les saints de glace ! 

La tradition populaire

« Saint-Pancrace, Servais et Boniface apportent souvent la glace », « Quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré », « le soleil de Saint-Urbain amène une année de grand bien »… Depuis le Moyen âge, les nombreux dictons des saints de glace sont bien connus des agriculteurs, des jardiniers et des vignerons, et toujours bien écoutés.

En mai, le climat est encore changeant et la période est critique pour les céréales, les fruitiers, les plantations. Le risque de gel est encore présent de début mai à la fin mai, période représentée par Saint-Mamet, traditionnellement fêté le 11 mai, Saint-Pancrace le 12 mai, Saint-Servais le 13 mai. Suivent les petits saints de glace, pendant tout le mois : St-Boniface, Ste-Sophie… et Saint-Urbain clos la période le 25 mai.

Au Moyen Age, les fêtes religieuses traditionnelles célébrant les saints de glace étaient l’occasion pour les paysans de demander de fructueuses cultures, et de prier pour que le gel se termine une bonne fois pour toutes, et permette aux fleurs des fruitiers de s’épanouir, aux céréales de bien grandir. Depuis, cette période se transmet comme un savoir, et les saints marquent un rythme de la nature, un rythme qui se doit d’être respecté.

Suivant son climat, chaque région a ses propres saints de glace et ses propres repères. St-Georges le 25 avril, Saint-Eutrope le 30 avril, Sainte-Croix le 3 mai comptent quant à eux parmi les saints chevaliers ou cavaliers, invoqués par les vignerons dans tout le Sud de la France, des Landes à la Provence.

Certains expliqueraient les phénomènes par l’astronomie plus que par le climat.

Le calendrier lunaire et la Lune rousse

Saints de glace ou calendrier lunaire ? Certains jardiniers se basent davantage sur le calendrier lunaire, et la fameuse Lune rousse de la même période : elle commence à la nouvelle lune qui suit Pâques – le dimanche qui suit la pleine lune de printemps – pour aller jusqu’à la nouvelle lune suivante.

La période est elle aussi critique : les gelées ne sont pas terminées, et même si l’air n’est pas très froid, la terre l’est encore. Il arrive que les jeunes pousses et bourgeons gèlent, prenant une teinte rousse, d’où le nom de la lune.

A l’écoute de la nature

Sans véritable explication scientifique, vérifiable ou non, la croyance populaire a au moins l’intérêt de marquer des dates essentielles, et de rendre attentif à la nature. Saints de glace ou cavaliers, lune rousse ou phénomène astronomique… l’important au jardin, pour la bonne santé de ses cultures, est de respecter le rythme de la nature.

Chaque plante a ses propres besoins et sait s’adapter à son milieu. Exposition, situation, qualité de terre : chaque jardin est particulier et il n’y a pas de recette miracle. Apprenez à connaître votre jardin, prenez le temps d’observer, de comprendre, et surtout d’essayer ! Jardin d’ornement, jardin potager, jardin thérapeutique… votre jardin se fera un plaisir de vous montrer ce qui lui fait du bien.

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Publié le 14 mars 2017

L’autisme au jardin thérapeutique : rencontre avec Magali Coudon, psychologue référente pour Terramie

Magali Coudon est psychologue, spécialiste de l’autisme et autres troubles envahissants du développement – TED-. Tournée vers la nature et ses bienfaits sur le psychisme, elle est tout récemment devenue référente pour Terramie. Quand le jardin thérapeutique et l’autisme ont beaucoup à partager…

Dès le séminaire Terramie du mois de janvier toute l’équipe Terramie a pu bénéficier des conseils de Magali, notre référente pour l’autisme. Son intervention a permis de sensibiliser les conseillers aux spécificités du trouble, pour une prise en charge adaptée au travers du jardin thérapeutique.

Magalie et Terramie

Psychologue à Rodez, en Aveyron, Magali accompagne les enfants et les adultes souffrants de troubles autistiques. En conseillant, en sensibilisant ou en intervenant directement auprès des personnes, elle travaille en partenariat avec des associations de parents, des écoles et des professionnels intervenant auprès des enfants et des familles.

Son goût pour la nature, ses recherches sur les bienfaits du jardin comme support l’ont guidée vers Terramie. De notre côté, il était important de bien connaître les spécificités des troubles autistiques pour une conception de jardins toujours plus adaptés aux personnes et à leur accompagnement.

Entre elle et Terramie, ça a tout de suite marché ! Dès sa première intervention, les conseillers Terramie ont été conquis par le savoir de Magali. Gaëlle Six, conseillère à Lyon nous a raconté l’impact qu’a eu pour elle la première intervention de Magali, fournissant un « socle de connaissance scientifiques, pour toujours être au plus près des équipes et de leur expérience ».

De l’autisme

L’autisme et les troubles envahissants du développement, parfois nommés « TED » réunissent un ensemble de caractéristiques communes, comme « l’altération des interactions sociales réciproques et des modalités de communication »* , des anomalies dans comportement comme dans les intérêts, et d’autres signes cliniques comme une hyper sensibilité – à la lumière, aux odeurs, aux textures… -… Peuvent être associés des difficultés et handicaps physiques et moteurs.

L’intelligence et les capacités d’apprentissage ne sont pas forcément déficientes. On a longtemps cru que les personnes autistes présentaient peu de capacités cognitives : aujourd’hui, on sait que l’autisme présente une autre forme d’intelligence, davantage fondée sur les perceptions et les logiques. La déficience intellectuelle n’est pas systématique : au contraire, les capacités intellectuelles peuvent être particulièrement élevées, comme dans le syndrome d’Asperger. « Les capacités intellectuelles peuvent être stimulées, et se développer » : ne les laissons pas de côté !

Dans la mesure où il n’existe pas une seule forme clinique d’autisme, on parle de « spectre autistique » : il pourrait exister autant de formes d’autismes que de personnes autistes. C’est là tout le défi de l’accompagnement des personnes : s’adapter aux spécificités et aux besoins de chacun.

 Comment le jardin thérapeutique peut-il intervenir dans le suivi et dans l’accompagnement des personnes autistes ? 

 « Le jardin présente une activité de support très intéressante, par plusieurs aspects :

- il laisse des moments de calmes comme des temps de stimulation,

- il permet de cultiver de ses propres mains, pour une reconnaissance de son travail et de ses capacités, - il présente un lien concret avec les choses, il permet d’observer les processus de transformation, par la cuisine des légumes du potager, par exemple,

- Il autonomise, stimule tantôt les approches globales, tantôt la motricité fine,

- Il stimule les interactions sociales, la communication, le travail de groupe, où l’on doit attendre son tour… »

La conception du jardin de vie pour les personnes autistes </h3>

Etant données les différences entre les autismes et la variété des troubles associés, il est essentiel de penser l’environnement au sens global dans la conception du jardin, tout en accordant une attention particulière aux détails. En cela, la conception du jardin est un vrai défi :

« L’important est de ne rien imposer aux personnes, et de prendre en compte les particularités autistiques ». « Il est donc essentiel d’aller vers l’équipe, pour faire attention aux sensibilités, hypersensibilités ou hyposensibilités ».

Sélection précise des éléments et matériaux de composition, structuration des espaces de stimulation ou de repos, choix des couleurs, aménagement des espaces de circulation… Magali nous rappelle la valeur d’une conception sur-mesure, basée sur l’expérience de l’équipe soignante, au plus près d’un vécu quotidien. Lorsque l’on sait tout le ressenti que peut provoquer une clôture, un gravillon, une couleur… Lécoute et l’implication des soignants dans le projet sont des conditions essentielles pour le bien-vivre des personnes autistes au jardin.

Ecoute dans la conception, mais aussi écoute dans le suivi, une fois le jardin réalisé… « il faut ajuster en permanence », dit Magali. « Besoin de voir, de revenir, de réajuster… » le travail de conception du jardin thérapeutique n’est jamais fini. Il demande des réajustements permanents, des essais, des erreurs, tant la diversité est grande. Le concepteur Terramie doit savoir entendre, voir, écouter, questionner, et réadapter : c’est le propre de l’accompagnement Terramie, un accompagnement sur le long terme.

De nos jours, l’«outil jardin » est encore peu répandu dans l’accompagnement des personnes autistes. Si l’on a des témoignages et des expériences, les connaissances sur le lien bénéfique avéré entre jardin thérapeutique et autisme ne sont pas encore formalisées. Pour Terramie comme pour Magali Coudon, il est donc plus que jamais d’actualité de chercher et de découvrir, d’informer et de sensibiliser sur l’autisme et sur ce que peut lui apporter le jardin thérapeutique.

Vous avez une question, une réflexion à partager, une remarque sur le sujet… n’hésitez pas à nous contacter, nous nous ferons un plaisir d’échanger avec vous ! 

*source : portail has-sante.fr

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Ils témoignent...

CLAUDINE, 32 ans, infirmière Diplômée d’Etat, travaille en unité de vie Alzheimer au sein d’un EHPAD

« J’ai été surprise de l’impact que le jardin a eu sur la qualité de sommeil de Louise. Cette mamie de 78 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer avait des difficultés à s’endormir et à dormir toute la nuit. Dès qu’elle a commencé à sortir au jardin, elle a posé moins de problème pour se coucher le soir et a commencé à avoir un meilleur cycle de sommeil. On a donc réduit la prise de médicaments. »

MATHILDE, animatrice en PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés)

« Nous avons un monsieur qui est sujet à de régulières crises d’angoisse. Il peut même devenir violent. Il a compris qu’aller au jardin thérapeutique du PASA lui permettait de se calmer. Chaque fois qu’il sent l’angoisse monter, il sort et marche et marche encore. Il revient à l’intérieur, sa crise est passée. »

Jean-Claude, 58 ans

« Vous savez, quand on est touché par un cancer, on doit être fort mentalement pour accepter les protocoles, les effets secondaires, la fatigue… Moi, chaque fois que j’avais une séance de chimio, je m’arrangeais pour arriver à l’hôpital 30 mn avant. Ca me permettait de passer une demi-heure dans le jardin thérapeutique du CHU. Je me sentais relié à la nature, à la vie. Ca m’aidait à faire le plein d’énergie et à faire face. Je crois vraiment que ça m’a bien aidé à trouver la force de me soigner.  »