Art-thérapie, créer pour se soigner

Publié le 26 août 2016

Art-thérapie, créer pour se soigner

arc-en-ciel
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Loin des traitements médicamenteux, l’art-thérapie s’appuie sur la créativité artistique pour soigner, notamment dans le domaine des maladies psychiques. Arts plastiques, musique, théâtre, danse... les différentes techniques artistiques stimulent l’expression de soi, la communication, le contact avec le monde. Et si nous mettions de l’art dans les jardins à visée thérapeutique ?

Du psychisme à l’art, de l’art au psychisme 

Depuis la fin du XIXe siècle, les psychothérapeutes et les psychiatres se penchent sur la créativité et l’expression artistique dans leur rapport à la santé mentale. Pour Freud, la création artistique joue un rôle majeur pour la santé psychique. Il se passionne pour l’art comme « essence inaccessible »[1], alors que dans les années 40, des artistes comme Dubuffet et André Breton explorent l’expression de l’inconscient dans la production artistique. L’art et le psychè s’interpellent et se répondent.

Winnicott se penche quant à lui sur la créativité elle-même comme une attitude vers le monde extérieur, une pulsion de vie : « Il s’agit avant tout d’un mode créatif de perception qui donne à l’individu le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue »[2].

Hôpitaux psychiatriques, institutions spécialisée, centres médicaux-sociaux... l’art qui fait du bien s’installe alors dans les établissements de soin.

En pratique, la personne comme un tout

Sans forcément s’orienter vers la production esthétique elle-même, la technique de l’art-thérapie utilise l’art comme un outil de médiation. L’enjeu central est de créer un lien de communication entre le patient et le praticien.

En pratique, l’art-thérapeute peut utiliser des moyens plastiques – peinture, sculpture, poterie...-, musicaux – instruments, chant... – ou l’expression corporelle – danse, yoga, mime, théâtre... Alors que l’art-thérapie était dans un premier temps plutôt orientée vers les troubles psychiques, elle s’ouvre vers un soin plus global, à la fois mental, physique et social. La personne est vue dans sa globalité, et l’art-thérapie stimule les aptitudes physiques, cognitives, sociales, l’affectivité comme les émotions.

La personne comme un tout : cette approche est également un point d’ancrage pour le jardin thérapeutique. Comme par l'art-thérapie, le jardin à visée thérapeutique stimule les aptitudes dans leur totalité et dans ce qui les lie.

L’art-thérapie, pour qui ? 

La stimulation des sens par le contact avec la matière, la mobilisation du corps ou de la parole pour conter, raconter ou expliquer... le patient produit son propre bien-être. Il trouve dans la création artistique la conscience de soi et la confiance en soi.  Il apprend à s’ouvrir petit à petit, à soi et aux autres, tout en prenant du plaisir.

Pour ses bienfaits sur la santé de la personne, l’art-thérapie est pratiquée au sein des institutions médicales et sociales, des hôpitaux de jour, des unités hospitalières, des EHPAD, ou en cabinet libéral. Les patients pris en charge souffrent de troubles physiques – handicaps moteurs... – ou psychiques – autisme, Alzheimer, troubles du comportement, de l’alimentation... – troubles de la communication ou troubles socio-relationnels – troubles scolaires, illettrisme...

L’art au jardin thérapeutique 

Le plaisir d’un geste, d’un son ou d’une couleur : créativité et sensibilité sont aussi les outils de soin du jardin thérapeutique.  

Le jardin est lui-même un art et fournit une matière de choix pour de nombreux ateliers d’art-thérapie : création d’un bouquet de fleurs, dessin d’arbres, photographies du jardin... laissez parler votre créativité, mettez de l’art dans votre jardin : c’est thérapeutique !

Pour en savoir plus retrouvez tout sur l’art-thérapie et le métier d’art-thérapeute sur le site de l’école d’Art-thérapie de Tours, l’AFRATAPEM.



[1] Freud dans L’inquiétante étrangeté et autres essais

[2]Winnicott, Jeu et Réalité, 1975

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