Le premier jardin thérapeutique en addictologie

Publiée le 05 juillet 2016

Le premier jardin thérapeutique en addictologie

Le jardin thérapeutique du CH de St-Vaury
Le jardin thérapeutique du CH de St-Vaury

Terramie a eu le privilège de concevoir le premier jardin thérapeutique en service d’addictologie, pour le centre hospitalier La Valette, à St-Vaury dans la Creuse. S’occuper l’esprit, se sentir utile, retrouver un sens à sa vie... le jardin Terramie relève le défi de l’accompagnement après sevrage.

Les bienfaits du jardin thérapeutique en addictologie 

Le CH La Valette de Saint-Vaury a dédié pas moins de 700 m² à son jardin thérapeutique. Jardin de vie, jardin d’activités, jardin pour sentir ou jardin pour parler... le jardin thérapeutique de St-Vaury est un havre de liberté et de tranquillité.

Issu de l’expérience acquise en EHPAD, le jardin a été conçu pour répondre aux besoins spécifiques des personnes anciennement dépendantes, en cours de traitement pour leur addiction. Il est le support de l’accompagnement thérapeutique de personnes dépendante ou anciennement dépendante à des substances – tabac, drogues, alcool, nourriture...- ou encore à des comportements – jeux d’argent, pratiques sexuelles, comportement alimentaire boulimique...).

Au-delà des conséquences physiologiques, l’addiction est un trouble qui marque la vie affective, sociale, psychologique de la personne qui en souffre : elle ne pense qu’à sa dépendance, et vit en fonction d’elle. Elle s’isole socialement et affectivement. Les signaux d’alerte sont souvent l’altération des relations familiales et amicales, la perte d’attention, le manque d’efficacité, la rupture avec le lieu de travail ou scolaire... On se perd soi-même, l’addiction entraine la dépression.

Jardin d’activités

« Sur le plan pédagogique et organisationnel, il faut impulser l’outil  jardin à tous. Sur les 1ères approches, l’objectif est avant tout de recréer une dynamique de travail, de faire quelque chose à plusieurs et d’avoir un but dans la journée. Nous sommes dans l’offre de soins ». Docteur Crouzet

Occuper son esprit et occuper ses mains : l’urgence en addictologie est de penser à ce qu’on fait dans l’instant. Au jardin, on coupe, on taille, on ramasse, on creuse, on plante... on réapprend le plaisir de faire quelque chose de ses mains. Le jardinage permet se réapproprier son corps, de le redécouvrir.

L’utilité vient avec la responsabilité : en se sentant utile, il est plus facile de se tenir aux horaires, d’accepter une tâche... Se sentir utile, c’est aussi découvrir que son travail a porté ses fruits dans la satisfaction d’une pelouse bien tondue, ou dans la gourmandise d’un panier de fruits tout juste cueillis.

Jardin sensoriel

Retrouver son corps par le savoir-faire ne va pas sans la redécouverte de ses sens. L’addiction les a endormis, le jardin thérapeutique les réveille. Par la vue, par l’ouïe, l’attention peut enfin se porter sur autre chose, et sur un petit bout de poésie toujours présent dans la nature. La pensée s’évade, le patient se libère, et les émotions rejaillissent : le plaisir, la joie, la nostalgie... autant de petites émotions sont un retour au monde.

Jardin pour parler

Avec l’esprit qui se libère, la parole reprend vie. Dans le contexte du jardin thérapeutique, les rapports entre les patients et le personnel soignant sont facilités, non seulement parce que l’activité commune sait réunir, mais aussi parce que la nature est un cadre qui rassure.

Au jardin, le terrain est neutre. Les promenades dans une belle nature à laquelle on a ajouté sa petite touche savent renouer des liens parfois abîmés avec la famille. Le jardin incite à parler, à partager ce que l’on ressent sur l’instant comme à prendre du recul. Avec les échanges sociaux retrouvés revient l’estime de soi.

Inséré au cœur d’un projet thérapeutique individualisé, le jardin thérapeutique intervient comme un outil non médicamenteux, en cohérence avec la prise en charge pluridisciplinaire. Et lorsque les patients rentrent chez eux, ils partent avec une bouture d’une plante dont ils se sont occupés, comme le signe d’une nouvelle vie à chérir : en cas de coup dur, de moments difficiles, elle leur rappelle tout ce qu’ils ont su faire, ce dont ils sont capables. 

< Retour aux actualités